Une ville de l'Isère cible de la colère des gens du voyage

Voies SNCF coupées, voitures en feu, saccages… Moirans a été le théâtre de violents incidents ce mardi. Les gens du voyage ont réagi à un refus de permission de sortie pour deux détenus appartenant à leur communauté. Une mutinerie a éclaté dans une prison à 100 km de là.

Le calme semblait revenir progressivement à Moirans, ce mardi soir, après plusieurs heures de violents incidents. Voies SNCF coupées, voitures en feu, saccages… Des gens du voyage sédentarisés dans cette ville de l’Isère ont provoqué de très violents incidents mardi après-midi jusqu’en début de soirée. Ils demandaient la sortie de prison de deux d’entre eux afin qu’ils puissent assister, mercredi, aux obsèques d’un proche. Ce dernier a été tué, samedi, dans un accident de la route après un cambriolage.

La situation s’est embrasée lorsque des «représentants des gens du voyage» n’ont pas obtenu du juge d’application des peines que leurs amis puissent être libérés pour assister aux obsèques. «La justice semble refuser d’accéder à leur demande», selon la mairie de cette petite ville. Le parquet a d’ailleurs confirmé que le juge n’entendait pas revenir sur sa décision.

Peu après 16 heures, un groupe d’une trentaine de personnes a neutralisé la circualtion sur la route départementale 1085, en mettant le feu à plusieurs véhicules. «Ils ont brûlé des palettes et des carcasses de voitures sur la chaussée», selon la préfecture qui a dû mettre en place des déviations pour rejoindre les axes vers Lyon et Grenoble. Le trafic était en «cours de rétablissement» dans la soirée.

Une centaine de personnes armées de barres de fer ont également bloqué la gare de Moirans, saccagé le restaurant attenant et brûlé des voitures sur les voies SNCF, provoquant des retards importants et l’interruption de la circulation des trains sur les axes Grenoble-Lyon et Grenoble-Valence a confirmé la SNCF. 218 passagers devaient être évacués, a précisé la préfecture de l’Isère.


Situation très tendue à Moirans en Isère

Le premier ministre Manuel Valls a dénoncé sur Twitter des «violences inadmissibles». «Une seule réponse: la fermeté et le rétablissement de l’ordre républicain.» «De tels comportements n’ont pas leur place dans la République» a condamné de son côté le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, qui a donné comme consignes au préfet de l’Isère de «diriger les opérations avec fermeté». Cent vingt policiers et gendarmes et cent sapeurs-pompiers ont été mobilisés. Finalement, «à 20 heures» la situation était «sous contrôle» d’après la préfecture qui a précisé qu’il n’y avait eu «aucun blessé» et que les incendies avaient été «éteints par les sapeurs-pompiers.» Un dispositif de sécurité est maintenu pour la nuit, d’après le ministère de l’Intérieur.

Mutinerie au centre de détention d’Aiton

Dans le même temps, à 100 kilomètres de là, une mutinerie a éclaté dans la prison d’Aiton, en Savoie. «Cela a commencé vers 17h-17h30: une vingtaine de détenus ont refusé de réintégrer leurs cellules pour exprimer leur solidarité avec deux détenus -un frère et un cousin de la personne décédée – à qui on avait refusé une permission de sortie pour des funérailles», selon l’administration pénitentiaire. Ils ont mis le feu à leur coursive et détruit les serrures de leurs cellules, selon un syndicaliste.

Vers 19 heures, une équipe régionale d’intervention et de sécurité (Eris), venue de Lyon, est arrivée sur place. Les tensions sont alors rapidemment retombées selon l’administration pénitentiaire. «Les détenus les plus impliqués seront transférés dans d’autres établissements» d’après le procureur d’Albertville Jean-Pascal Violet.

L’avocat du détenu membre de la communauté des gens du voyage qui a déclenché la mutinerie a déposé une nouvelle permission de sortie «sous escorte», a indiqué le procureur d’Albertville Jean-Pascal Violet. Le juge d’application des peines l’«examinera au plus tôt», a assuré le procureur, lors d’une conférence de presse improvisée devant la prison.

Cette explosion de violence rappelle ce qui s’est passé en août dernier dans la Somme. Un groupe de gens du voyage avait bloqué l’autoroute A1 au péage de Roye afin d’obtenir que le fils d’une victime d’une fusillade qui avait fait quatre morts dans un camp soit libéré pour assister aux funérailles de son père.

Source: lefigaro.fr

Selon le préfet de l’Isère, il n’y a pas eu d’interpellation, mais il est vrai qu’ils n’ont pas déchiré une chemise, comme les “voyous” d’Air France qui ont été interpellés à 5h du mat devant leurs familles…  Livéo 😉

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