Les (très) coquettes rémunérations de la ministre Florence Parly à la SNCF

La dette de SNCF Réseau atteint 45 milliards d’euros. Ça n’a pas empêché Florence Parly d’y gagner 52.000 euros mensuels avant d’être ministre.

On la connaît peu. La très discrète ministre des Armées, Florence Parly, fait depuis quelques jours l’objet d’une polémique dont elle se serait bien passée. Plusieurs journaux ont en effet épluché sa déclaration d’intérêts publiée ces jours-ci sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). “Libération”, d’abord, a signalé quelques omissions, telles ses deux années à Air France, en tant que directrice générale adjointe d’Air France Cargo jusqu’en 2013.

Mais les conclusions de “Marianne” sont plus intrigantes encore : Florence Parly, qui était auparavant directrice générale de SNCF Voyageurs, a touché 80% de sa rémunération annuelle prévue auprès de son employeur sur les six premiers mois de 2017.

Selon l’hebdomadaire, elle a gagné 52.569 euros net mensuels de la SNCF sur les six premiers mois de l’année 2017, soit 315.418 euros net en toutL’équivalent de 35 smic.

En 2016, elle avait touché 365.961 euros net de l’entreprise publique, soit 30.496 euros net mensuels. 

En ajoutant ses revenus complémentaires issus de sa présence aux conseils d’administration de sociétés comme Ingenico, Altran, Zodiac Aerospace ou BPI France pour un total de 139.119 euros, plus quelques milliers d’euros de dividendes perçus de ces sociétés, Florence Parly avait touché au total 505.080 euros net en 2016, ajoute l’hebdomadaire, soit 42.090 euros net mensuels et 413.257 euros net de janvier à juin 2017, soit 68.876 euros net mensuels.

Ce qui en fait la ministre la mieux rémunérée du gouvernement en 2016 et 2017, pointe “Marianne”. En 2016, Nicolas Hulot était en seconde position avec 412.289 euros, soit 34.357 euros net mensuels.

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Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP)

Or “Marianne” rappelle que depuis 2012 et un décret adopté lors du premier été du quinquennat Hollande, il existe un plafond limitant les salaires des dirigeants dans le public. L’objectif de cette mesure était de limiter les écarts salariaux dans ces entreprises, en faisant en sorte que les cadres dirigeants ne puissent gagner plus de 20 fois le salaire le plus bas. Ils ne peuvent toucher plus de 450.000 euros brut par an, soit à peu près 370.000 euros net. Une limite qui ne prend pas en compte les “jetons” de présence dans les conseils d’administration.

Si l’on se réfère à ce plafond, on s’aperçoit que la rémunération totale de Florence Parly a largement dépassé la limite réglementaire pour les dirigeants d’entreprise publique en 2016. Selon son entourage, si on ne regarde “que” sa rémunération brute à la SNCF, cette dernière correspondrait cependant précisément au plafond – soit 450.000 euros brut par an.

Si l’on regarde 2017, c’est plus compliqué : à la SNCF, Florence Parly avait touché 315.418 euros net, soit 52.569 euros net mensuels. Si sa rémunération s’était maintenue tout au long de l’année, elle aurait largement dépassé le plafond prévu par le décret.

Qu’est-ce qu’il lui a valu de toucher 80% de sa rémunération telle que prévue par son employeur en seulement six mois ? Selon l’entourage de la ministre interrogé par “Marianne”, cette augmentation découle d’une “prime de résultats” touchée au moment de sa nomination au gouvernement : “Au moment de son départ de la SNCF pour devenir ministre, elle a perçu une part variable au titre de ses résultats de l’année 2017, proratisée au nombre de mois effectivement passés à la SNCF.” La compagnie ferroviaire a donc considéré que Florence Parly avait rempli ses objectifs dès juin 2017, avant même de connaître ses résultats annuels…

Son cabinet se défend en outre auprès de l’hebdomadaire :  

“Le plafond de rémunération à 450.000 euros pour les dirigeants d’entreprise publique s’applique aux personnes ayant le statut de ‘mandataire social’. Or, Florence Parly était contractuelle de droit privé. Elle aurait donc pu être rémunérée au-delà de 450.000 euros par an.”

En raison d’une faille dans le décret, les hauts cadres comme Florence Parly ne sont donc pas soumis à cet encadrement mais les PDG sont néanmoins encouragés à la modération salariale. Une consigne supposée s’appliquer à la SNCF, d’autant plus qu’elle traîne une dette de 45 milliards d’euros. 

Charlotte Cieslinski

Source

Y a pas à dire, ça se goinfre scandaleusement à l’oseille dans les haute-sphères et à force de se shooter à ce point au pognon, on comprend mieux, maintenant, pourquoi ils sont si loin de la réalité quotidienne du peuple.

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