Décevant sur les gros dossiers, Nicolas Hulot dégaine le ridicule petit menu végétarien

Le ministre de la Transition écologique a fâché ses partisans avec son recul sur le nucléaire et sa prudence dans le dossier Notre-Dame-des-Landes. Ses annonces sur le menu végétarien et un groupe de travail sur le bien-être animal séduiront-elles ?

Il souhaite un menu végétarien par semaine dans les cantines scolaires. Nicolas Hulot compte en effet réduire la part des aliments carnés dans les assiettes des écoliers, pour davantage de respect de l’environnement et des animaux. Le ministre de la Transition écologique et solidaire a également déclaré vouloir créer un groupe de travail qui aura pour tâche de se pencher sur la notion de bien-être animal.

Deux sujets importants, mais générant moins de crispations que les derniers dossiers qu’il a eu à traiter, tels que le report de la réduction de la part du nucléaire dans le mix énergétique ou le renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour cinq ans par l’Union européenne. Autre controverse : le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, dont Nicolas Hulot accepterait la construction si les conclusions du rapport d’évaluation l’exigeaient. Mis en difficulté sur des problématiques stratégiques qu’il partage avec d’autres ministères, Nicolas Hulot saura-t-il retrouver la faveur des écologistes en abordant des thématiques relativement nouvelles telles que le bien-être animal ?

Moins de viande à l’école : un projet modeste ?

En proposant des menus végétariens hebdomadaires à l’école, Nicolas Hulot suit l’avis émis par le think tank Terra Nova, proche du Parti socialiste, qui a rendu un rapport le 23 novembre 2017.

Bien que la consommation de chair animale tende à augmenter partout dans le monde, le rapport note que «la surconsommation de viande est […] préjudiciable pour l’environnement». Il pointe également du doigt le «traitement inhumain des animaux dans certains abattoirs», «le désarroi de nombreux éleveurs» et «les scandales sanitaires» à répétition. Le rapport préconise par conséquent de consommer moins de viande pour respecter la planète, les humains et les animaux : «Il nous semble plus précisément que, dans les deux ou trois décennies qui viennent, nos objectifs sanitaires et environnementaux commandent que l’on divise par deux notre consommation de chair animale.» Le groupe de réflexion s’est donc réjoui de l’annonce du ministre.

Sans amorcer de mouvement révolutionnaire en la matière, Nicolas Hulot propose de supprimer la viande dans un menu sur cinq dans les cantines scolaires. En mars 2016, durant la matinale d’Europe 1, Nicolas Hulot avait signalé qu’il réduisait «de jour en jour» sa consommation de viande. «Je n’arrive pas à devenir végétarien, mais c’est mon objectif», avait-il avoué.

Dans un entretien à L’Obs paru le 30 novembre, le ministre a rappelé l’un de ses projets annoncés en été : mettre sur pied un groupe de travail sur le bien-être animal. Quid de la présence des animaux sauvages dans les cirques, thématique qui est notamment revenue sur le devant de la scène après l’abattage d’un tigre s’étant échappé d’un cirque en plein Paris ? Nicolas Hulot a informé qu’il souhaitait «mener une réflexion globale plutôt que de l’interdire d’un coup». Cette équipe sera pertinente pour statuer sur d’autres contextes induisant la souffrance animale comme la chasse ou l’abattage.

Ses déclarations à L’Obs sur le thème du bien-être animal, extrêmement précautionneuses et cherchant à ménager les deux camps qui se font face sur chaque sujet abordé, semblent faire écho au fameux «en même temps» cher au président français. A propos de la corrida, Nicolas Hulot explique ainsi : «Ces questions convoquent souvent de vieilles traditions. On peut les aborder sans stigmatiser personne, mais on ne peut plus les occulter.» Une manière de ne s’aliéner ni les partisans de la corrida, ni les défenseurs de la cause animale – mais qui en fin de compte, risque de mécontenter tout le monde. En ce qui concerne la chasse, l’écologiste botte en touche : «Ce que j’ai dit aux chasseurs, c’est que leur activité leur donne plus de devoirs que de droits.» Il évite par la même soigneusement d’énoncer de nouvelles règles ou limitations.

Jugé quelque peu décevant pour nombre d’écologistes sur les dossiers phares et ne parvenant pas toujours à formuler de ligne claire sur certains sujets polémiques, le nouveau ministre de l’Ecologie ne semble pas au bout de ses peines…

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