L’orgasme entre les mains des chercheurs

L’orgasme le point sur les études qui lui sont consacrées.

Il fascine autant les amants que les chercheurs. Sous la couette ou dans les revues scientifiques, l’être humain se plaît à décortiquer l’orgasme. Et pour cause : cette réponse physiologique qui survient à l’apothéose de la phase d’excitation sexuelle se traduit par une intense sensation de plaisir, telle que la quête d’orgasme ressemble parfois à celle du Saint Graal.

D’autant qu’il n’est pas si répandu. Selon une récente étude, la moitié des Françaises auraient des difficultés à l’atteindre; d’autres travaux ont montré qu’une femme sur deux et un homme sur trois le simulent. L’orgasme, tout le monde en parle, mais beaucoup n’en connaissent que le nom…

Un attribut inutile ?

De fait, la jouissance sexuelle reste cernée de mystères. Par exemple, à quoi donc sert l’orgasme ? Les partenaires sexuels ont probablement leur petite idée sur la question, mais d’un point biologique, physiologique, a-t-il une fonction ? Ou bien la nature fut clémente au point de fournir à l’humain une faculté aussi plaisante qu’inutile ?

La science s’est penchée sur cette question cruciale, s’il en est. Cet été, une équipe a étudié l’histoire de l’orgasme féminin qui, a priori, ne sert à rien. En effet, il accompagne la relation sexuelle mais ne la conditionne pas. Il n’est pas systématique, loin s’en faut, ni nécessaire à la reproduction. Alors pourquoi, dans quel but, les femmes jouissent-elles ?

Après avoir épluché l’historique de l’ovulation humaine, les chercheurs ont fait l’hypothèse que l’orgasme pourrait être une réminiscence d’un temps passé où il occupait une fonction essentielle. Comme chez le chat ou le lapin, l’ovulation avait lieu chez l’Homme au moment de l’acte sexuel et était provoquée par la libération hormonale que l’on appelle orgasme.

A travers le temps, la femme a évolué et cette poussée hormonale a perdu son utilité reproductive, sans jamais tout à fait disparaître chez elle – grand bien lui fasse.

Protéger du cancer de la prostate

Du côté des hommes, en revanche, l’orgasme revêt une utilité plus évidente. En effet, la science a montré que les hommes qui éjaculent fréquemment ont un risque diminué de développer un cancer de la prostate. Ainsi, le fait d’avoir au moins 21 orgasmes mensuels réduirait de 22 % ce risque, selon une étude présentée en mai 2015 lors du congrès de l’American Urological Society.

Le lien de causalité n’est pas démontré, mais les experts expliquent cela par la « fameuse et ancienne théorie de la frustration », comme l’a précédemment précisé François Desgrandchamps, chef du service urologie de l’hôpital Saint-Louis. « Cette théorie se fonde en effet sur le caractère carcinogène du liquide prostatique, qu’il faut évacuer autant que se peut, afin de ne pas le laisser altérer la prostate ».
En effet, il y a dans le sperme des substances carcinogènes –les polyamines, la putrescine, la spermidine, la spermine… « Naturellement, on s’est donc dit que si ces substances se trouvaient en concentration importante dans la prostate, elles pouvaient devenir cancérigènes ». D’où l’intérêt de s’en débarrasser tout en jouissant.

Certains rétorqueront que l’éjaculation masculine n’est en rien le signe d’un orgasme ; que bien des hommes éjaculent sans jouir, tout comme d’autres, plus rares, jouissent sans éjaculer… Et ceux-là auront raison. Il existe en effet de nombreuses fausses idées autour de l’orgasme, qu’il soit masculin ou féminin. Des préjugés que nous avions présentés lors de précédentes Journées Mondiales de l’Orgasme, et que nous vous invitons à découvrir avec, nous l’espérons, beaucoup de plaisir.

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