«Bienvenue dans l’Etat islamique de France» : la vidéo anti-islam financée par un donateur de Trump

Une enquête de l’ONG Center for Responsive Politics publiée ce 5 avril révèle que plusieurs vidéos anti-islam, dont une consacrée à la France, ont été financées par un milliardaire pro-Trump pendant la campagne électorale américaine.

Des touristes qui prennent des selfies devant la Joconde affublée d’une burqa, la cathédrale Notre-Dame surmontée des dômes d’une mosquée, la fermeture des cafés parisiens pour cause de Ramadan : «Bienvenue dans l’Etat islamique de France», assène sur ces images une voix off en anglais mâtinée d’un accent français.

Cette vidéo d’anticipation anti-islam à grands renforts d’effets spéciaux avait été diffusée sur YouTube en octobre 2016 en pleine campagne électorale américaine, et réalisée par Secure America Now (SAN), une organisation anti-immigration à but non lucratif.

Une enquête de l’ONG Center for Responsive Politics, qui s’appuie sur des documents fiscaux, dévoile ce 5 avril qu’elle a été financée, au même titre que d’autres vidéos consacrées à l’Allemagne et aux Etats-Unis, par le riche donateur américain pro-Trump Robert Mercer, à hauteur de deux millions de dollars. Ronald Lauder, un autre homme d’affaires américain, membre du conseil d’administration jusqu’en 2009 de l’entreprise de cosmétique Estée Lauder, fondée par ses parents, aurait lui donné environ un million de dollars.

Parmi les autres vidéos produites par SAN, on peut notamment voir que les Allemands sont privés de saucisses au porc et de bière lors de la célèbre Oktoberfest, fête de la bière à Münich, et que la cathédrale de Berlin est surmontée de croissants islamiques.

Aux Etats-Unis, la statue de la liberté est voilée et le fameux panneau «Hollywood» sur une colline de Los Angeles a été remplacé par «Allahu Akbar [Dieu est grand, en arabe]».

Les destinataires de ces vidéos étaient ciblés précisément

Ces vidéos ont, à l’époque, notamment été partagées sur Facebook. Elles ciblaient particulièrement les électeurs américains hésitants (les swing voters) de l’Etat du Nevada et de la Caroline du Nord, fait savoir le site américain Qwartz spécialisé dans l’actualité économique.

Robert Mercer, le milliardaire qui a financé ces vidéos, est au cœur du scandale de récupération de données qui implique Facebook. Il est en effet l’un des propriétaires de la société Cambridge Analytica, qui a pu «aspirer» les données de près de 90 millions de comptes Facebook grâce à une option qui permettait jusqu’en 2014 d’avoir accès aux données des amis des personnes répondant à un questionnaire en ligne. Cambridge Analytica a ensuite été embauché pour plancher sur la campagne numérique de Donald Trump.

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