Grève à la SNCF : les syndicats parviennent à remobiliser les troupes

Un peu plus d’un mois après le déclenchement de la grève perlée, la contestation du projet de réforme du groupe public ferroviaire a rebondi. Inquiets des risques de privatisation, près de 75% des conducteurs ont suivi le mot d’ordre de grève.

Ce 14 mai à la SNCF, les syndicats ont réussi à muscler la mobilisation contre la réforme ferroviaire, tandis qu’avec leur consultation «vot’action», débutée le même jour, les cheminots pouvaient voter «pour» ou «contre» le projet du gouvernement.

Avec un taux de grévistes de 27,58%, la participation à cette journée voulue «sans cheminots» est la troisième plus forte en semaine depuis le début du mouvement de grève perlée. Lors du premier épisode des 3 et 4 avril derniers la mobilisation avait atteint 33,9% et 29,7%, avant de retomber à 14,46% le 9 mai, soit le taux de mobilisation le plus faible.

D’après les chiffres communiqués par la direction de la SNCF, les conducteurs (74,4%) et les contrôleurs (74,3%) sont les plus concernés par le mouvement, devant les aiguilleurs (36,7%). Un fort rebond a en outre été constaté chez les cadres, en grève à 10,14% (contre 3,1% le 9 mai).

A la grève à la SNCF se sont ajoutés dans la matinée des incidents et actes de malveillance, selon la direction, qui va déposer une cinquantaine de plaintes. «Ça va du passage à niveau en dérangement aux clefs du local perdu, en passant par une coupure d’alimentation électrique à Marseille ou le sectionnement d’une caténaire en Normandie», a expliqué un porte-parole de l’entreprise à l’AFP.

Après que SUD-Rail a accusé le gouvernement et le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, d’«œuvrer en coulisse» pour privatiser et filialiser l’établissement public ferroviaire, suite à la diffusion d’une note interne, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, a réclamé ce 14 mai que l’«incessibilité» du groupe soit inscrite dans la loi, afin d’éviter une vente à la découpe du fleuron français.

Ce à quoi le député de La République en marche (LREM) et rapporteur du projet de loi Jean-Baptiste Djebbari a objecté que le gouvernement ne voulait «laisser aucune place au fantasme de la privatisation».

Le projet de loi passera le 23 mai 2018 devant la commission du Sénat, avant d’être soumis à l’hémicycle le 29.

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