Nicolas Sarkozy financé par la Libye ? Bachir Saleh le confirme pour la première fois

Les équipes de Cash Investigation ont enquêté pendant un an et demi sur les soupçons de financement libyen de la campagne 2007 de l’ex-président Nicolas Sarkozy. En caméra cachée, l’ancien chef de cabinet de Kadhafi confirme les versements.

L’émission Cash Investigation, présentée par Elise Lucet, a diffusé ce 22 mai sur France 2 le résultat d’une enquête consacrée aux soupçons de financement libyen de la campagne présentielle 2007 de Nicolas Sarkozy.

L’ancien président français a été mis en examen le 21 mars dernier pour «corruption passive», «financement illégal de campagne électorale» et «recel de fonds publics libyens», à l’issue d’une garde à vue. Il a également été placé sous contrôle judiciaire. Parmi les révélations des journalistes qui ont enquêté pendant plus d’un an, un extrait vidéo d’une interview en caméra cachée de l’ancien chef de cabinet de Mouammar KadhafiBachir Saleh, enregistrée le 16 septembre 2017, à Johannesburg en Afrique du Sud.

Dans un premier temps, Bachir Saleh explique face caméra n’avoir «aucune information», et concède qu’il ne s’occupe que des financements «africains». mais lorsque l’échange se poursuit avec le journaliste hors caméra, Bachir Saleh confirme finalement les versements qu’auraient effectué à destination de Nicolas Sarkozy l’ancien directeur du renseignement militaire libyen Abdallah Senoussi.

Bachir Saleh précise que c’est par le «canal» du ministère des finances libyen que les fonds sont passés. «Abdallah Senoussi a dit qu’il donn[ait] de l’argent à Sarkozy», fait savoir l’ancien bras droit du «guide». «Vous venez de me dire que ça a eu lieu ?», relance le journaliste de Cash Investigation. «Oui, c’est vrai !», acquiesce Bachir Saleh. Il évalue en outre à 350 millions d’euros la caisse noire des financements politiques libyens, tous pays confondus.

L’émission dévoile également d’autres témoignages qui pourraient faire avancer la quête de la vérité dans cette affaire. Taher Dahech, l’un des anciens responsables du pays, confie par exemple que Mouammar Kadahafi avait donné son accord au versement de 57 millions d’euros. «Quand on s’est rapproché des élections [présidentielles françaises de 2007], des intermédiaires français sont venus à Tripoli pour préparer l’acheminement et le versement de l’argent avant le scrutin», précise-t-il. Il aurait lui-même participé à cette remise d’argent «dans des coffres» de banque et assure que «tout a été filmé».

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